Les marchands de Noël

Le mercredi 5 novembre dernier, tout juste quelques jours après l’Halloween, j’avais à faire des courses. En rentrant dans un magasin grande surface, j’ai ressenti un profond malaise : de la musique de Noël jouait déjà à pleines oreilles. Si tôt dans l’année, c’en était presque agressant! J’ai alors eu un espèce de haut-le-coeur, une montée de dégoût.

Ne vous trompez pas, j’aime la fantaisie de Noël. Chaque année, je me réjouis de l’approche des fêtes et de célébrer avec espérance le retour de la Lumière. Noël a une importante charge symbolique pour moi et elle éblouit encore l’enfant en moi. Mais je supporte mal les stratégies de moins en moins subtiles des marchands avides qui souhaitent mousser leurs ventes et nous détournent du sens de la fête pour nous faire consommer à outrance. Dès la fin d’une des nombreuses fêtes qui défilent dans l’année, on décore les vitrines en vue de la prochaine. Sous le faux prétexte de valoriser la générosité envers les siens, on met en place une incitation continuelle à acheter : offrir des cadeaux aux enfants à Noël, à l’amoureux à la Saint-Valentin, aux passionnés de chocolat à Pâques, aux mamans et aux papas à la fête des Mères ou des Pères, etc. Le commerce ne cache même plus son appât du gain effréné. Et pour nous étourdir, sous une jolie musique qui recrée l’ambiance de Noël deux mois avant la fête, nous ne pouvons que suivre le courant…

Un important événement de prise de conscience a lieu chaque année en novembre, et j’avoue qu’il m’interpelle grandement. Peu de gens le connaissent encore, et évidemment, en temps de crise financière, on en fera encore moins la promotion. Pourtant, cet événement suscite de plus en plus d’actions et de prises de position dans le monde. C’est la Journée mondiale sans achat (Buy Nothing Day), qui aura lieu cette année le 28 novembre en Amérique du Nord. Une journée qui, un mois avant Noël, le temps de l’année où les commerces font des profits monstres, nous lance un défi bien réel, celui de ne rien consommer pendant toute une journée! Juste pour prendre conscience de notre dépendance à la consommation. « Ce n’est pas pour moi, je consomme raisonnablement », vous direz-vous. Essayez pour voir…

Cette année, le slogan francophone de l’événement dit beaucoup : Et si on profitait de la crise pour s’arrêter et réfléchir? À l’initiative de cette journée se trouve Adbusters (www.adbusters.org), un réseau mondial d’artistes, d’activistes, d’écrivains, d’étudiants, d’éducateurs, d’entrepreneurs qui veulent promouvoir le mouvement d’engagement social de l’« ère des communications » et dont le but est de questionner les structures de pouvoir actuelles et de créer un changement dans la façon dont nous vivons au XXIe siècle.

En réponse aux possibles détracteurs, les Casseurs de pubs (version française d’Adbusters) affirment « que le plus sûr moyen d’aggraver la crise est de continuer dans la fuite en avant du consumérisme sans être capables de s’arrêter pour réfléchir. La société de consommation est aveugle, il n’y a pas de croissance et de développement économique infinis possibles sur une planète dont les ressources sont limitées. »

Cette journée a le mérite de nous aider à remettre en question notre « tradition de surconsommation ». Pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour repenser notre façon de vivre Noël? Peut-on, cette année, réduire notre course aux emplettes, prendre conscience de l’impact que notre mode de consommation occasionne sur la planète et sur le mode de vie des plus démunis dans le monde, offrir des cadeaux plus simples et équitables, nous détourner d’une vision matérialiste de Noël pour mettre l’accent sur la fête et le bonheur d’être ensemble?

Aussi, en mémoire de celui qui s’est fait proche de nous pour nous redire que l’important est l’amour et la justice, je reprends un slogan de la Journée sans achat : Célébrez l’amour, pas l’argent!

frenchcanadabnd

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2 réflexions sur “Les marchands de Noël

  1. Lucie,

    Merci de faire connaître cette initiative à ton tour… Elle est plus connue dans le monde anglophone, et ce, depuis plusieurs années, et je me demande pourquoi le Québec ne suit pas le mouvement. À nous de l’alimenter…

    Ghislain

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