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Je viens de recevoir une enveloppe précieuse par la poste aujourd’hui. Un carton d’invitation pour une soirée en compagnie de monsieur le maire qui se tiendra à la salle de réception de l’hôtel de ville de Québec, le jeudi 17 septembre prochain. Pourtant, ce n’est pas mon genre… Je n’ai pas l’habitude de fréquenter les grands.

En fait, pendant mes vacances, il y a quelques semaines, alors que je regardais furtivement mes courriels, j’ai aperçu dans l’objet d’un message le titre « Concours d’œuvre d’art de la Ville de Québec ». Mon cœur a bondi dans ma poitrine. Mes mains se sont mises à trembler… Et j’ai lu les quelques lignes qui suivent, fébrile :

Monsieur,

Nous tenons tout d’abord à vous annoncer votre nomination à titre de finaliste du Concours d’œuvres d’art de la Ville de Québec. Le comité organisateur est très enthousiaste de la réponse du milieu artistique à cette quatrième présentation du concours. En effet, deux cent quarante-cinq dossiers ont été déposés, ce qui confirme le grand dynamise culturel de la ville de Québec…

J’ai relu deux fois le mot, puis une troisième fois encore… la mâchoire pendante! J’étais choisi. Un des mandalas que j’avais présentés lors de l’inscription au concours était retenu : mon mandala L’eau. Je n’en revenais pas. Je ne m’attendais à rien du tout. Et je figurais parmi les 24 finalistes de la catégorie des artistes non professionnels! Estomaqué, le gars! Pour une première, c’en est tout une…

J’ai couru annoncé cette nouvelle à mes amis qui étaient présents chez moi alors, réunis justement pour notre journée de créativité bimensuelle. Question de nous soutenir dans notre démarche artistique! Wow, quel timing!

Depuis ce moment mémorable, j’ai eu quelques autres sursauts de joie… J’ai appris qu’une photo de ma bonne amie Lucie avait été choisie elle aussi! Puis, j’ai fait encadré mon mandala, à la demande de la Ville, en vue de l’exposition lors de la soirée. Et ça lui donne vraiment de la gueule. Quelle sensation de regarder son premier tableau encadré! Pour l’instant, il est exposé chez moi… et il partira dans une semaine pour l’hôtel de ville où il sera soumis aux regards curieux et intrigués. Ouf, c’est énervant! Qu’en penseront-ils tous? Accepter avec confiance qu’il soit présenté au grand public… Confiance, oui! Et pour le prix (1 gagnant par arrondissement, au nombre de 8 dans notre belle ville!), on verra. Ce n’est pas là l’important…

Tout ça me fait réfléchir… Réfléchir à propos de mon goût de créer, et sur l’urgence d’approfondir cette voie sacrée. Déjà, juste d’avoir été retenu à titre de finaliste, c’est un cadeau magnifique que la vie me fait. Quel beau petit coup de pouce de sa part, n’est-ce pas? Je crois bien que je poursuivrai sur cette lancée : c’est maintenant nécessaire… D’ailleurs, plein d’autres idées de mandalas se bousculent dans ma tête.

Je les dessinais par plaisir, pour moi-même, sans croire qu’un jour une certaine forme de reconnaissance surgisse. Je continuerai à les concevoir par plaisir, pour moi-même, en me disant qu’ils pourront aussi faire la joie d’autres personnes tout aussi fascinées que moi par ces cercles qui, au sein du bouddhisme, symbolisent l’univers et, dans ma vie… traduisent un peu de mon monde intérieur.

Bref, à suivre, le jeudi 17 septembre prochain! D’ici là, je goûte cette joie sereine de l’artiste heureux… et l’excitation qui monte.

Je n’ai pas été attentif, cette année. Je n’ai pas pu m’attarder aux larmes de saint Laurent… J’étais peut-être trop occupé à être en vacances. Ou encore, la pluie abondante de cet été les a submergées et elles ont alors passé inaperçues. Pourtant, ces larmes ne laissent pas grand-monde indifférent!

Je parle bien sûr des Perséides, auxquelles on a attribué ce joli nom poétique parce que cette pluie d’étoiles filantes annuelles apparaît fidèlement aux alentours du 10 août, fête de ce saint associé au fleuve qui traverse nos terres. Mais je n’y ai pas été attentif, cette année. Dommage. Je regrette un peu.

Je me souviens en particulier d’une nuit d’août, passée sur un balcon, emmitouflé dans des draps chauds, à admirer le passage de ces fées flamboyantes. J’étais avec un ami. Des oh! et des ah! ont immanquablement surgi de nos bouches, devant ce spectacle parfois à couper le souffle, quand nous avions les yeux dirigés au bon endroit, bien entendu. Elles filent à toute allure, ces étoiles filantes! Mais il ne s’agit pas toujours de passages fulgurants : elles ne laissent qu’une petite trace seulement, parfois. Mais de temps en temps, de véritables bolides enflamment le ciel. À la surprise générale.

Ce qu’il y a de bien dans cette course folle, c’est qu’elle se déroule en tout silence. Ces étoiles qui tombent suscitent de grandes émotions, certes, mais de par leur discrète pétarade, elles font davantage appel à l’intériorité qu’à la faconde. À leur vue, une petite larme naît au bord de l’œil, en douce. L’émotion prend ses racines loin en nous, émerveillés sommes-nous de tant de beauté gratuite.

On sait aujourd’hui que MM. Swift et Tuttle ont quelque chose à voir avec cette pluie. C’est eux qui ont découvert que ces étoiles filantes provenaient de l’entrée dans l’atmosphère de légers débris d’une comète périodique à laquelle ils ont donné leur nom. Alors que ce soit les larmes de saint Laurent ou les débris de MM. Swift et Tuttle, peu importe. Ce qui importe, surtout en cette Année mondiale de l’astronomie, c’est que cette manifestation céleste élève encore l’âme et suscite tout autant la curiosité et le goût de percer les mystères de l’univers. Voilà ce que je regrette un peu d’avoir manqué, cette année. Mais bon, je ne suis pas en larmes pour autant.

Les insectes

Les araignées tricotent d’immenses toiles.
Les guêpes s’amusent à compter les pétales.

Les vers de terre labourent les champs.
Les lucioles éclairent les passants.

Les fourmis creusent de longues galeries.
Les grillons entonnent leurs joyeux cris.

Les coccinelles aux pucerons font la guerre.
Les libellules agitent leurs ailes de verre.

Les chenilles se déguisent en monarques.
Les patineurs n’ont pas besoin de barques.

Tous ces petits artistes libres
exécutent un travail minutieux,
dans l’ombre, font de leur mieux
pour maintenir l’équilibre.

Poème tiré de :
BÉDARD, Ghislain et Annie, PETTIGREW,
La saison des jeux Poèmes et prières d’été
,
Montréal, Fides/Médiaspaul, 2007, p. 16-17.

Saisondesjeux

Le goût de la vie

« Nos vies ne sont pas entre les mains des dieux,
mais entre les mains des cuisiniers. »

Lin Yutang

Terremer

Je lis Terremer pour la quatrième fois.

La première fois, j’avais 13 ou 14 ans, je ne me souviens plus exactement. Je circulais lentement entre les rayons de livres de la bibliothèque de la polyvalente Pamphile-Lemay, à l’affût de nouvelles lectures. Je m’attardais dans la section fantastique quand, soudain, trois beaux livres rouges attirèrent mon attention. Je me souviens encore du médaillon circulaire doré, représentant un épervier, qui figurait sur la couverture de toile. Intrigué, j’ouvris ce livre… et y vis une carte géographique d’une terre mystérieuse. Il n’en fallait pas plus pour que j’emprunte ces trois tomes de Terremer, l’œuvre d’une auteure tout à fait inconnue pour moi alors.

À la lecture, le charme opéra. Je fus fasciné par cette histoire fantastique d’un jeune garçon de l’île de Gont qui découvre son pouvoir exceptionnel, son talent de sorcier, et qui partira pour l’école des mages de Roke. Il deviendra Ged l’épervier, un grand mage respecté, mais après avoir traversé plusieurs épreuves qui lui feront comprendre la grandeur de la vie et comment utiliser ses dons avec sagesse. Et il faut le dire, c’était bien avant Harry Potter : Terremer a été écrit par Ursula K. Le Guin dans les années 1970. Je peux affirmer aujourd’hui que cette auteure a déclenché et nourri en moi le goût d’écrire. Plonger avec avidité dans cette œuvre a fait surgir en moi ce désir : celui d’inventer à mon tour des histoires qui font rêver et réfléchir… Le germe de l’écrivain en moi avait pris vie.

Je relus la deuxième fois Terremer en 1991 (j’avais alors 23 ans et j’étudiais en littérature). Après plusieurs années de silence de l’auteure à propos du monde de Terremer (Ursula K. Le Guin a écrit bien d’autres livres, en particulier de la science-fiction, que j’ai dévorés aussi), je découvris avec bonheur qu’elle venait de publier un nouveau livre — Tehanu — qui faisait suite à son cycle fantastique entamé avec Le sorcier de Terremer, le premier tome de la série. Pour l’occasion, les éditions Robert Laffont avaient republié les trois premiers tomes en un seul volume et dans un nouveau format, que j’achetai sans hésiter. Avant de découvrir cette suite inattendue, je me décidai donc à relire ce Terremer qui avait tant marqué le début de mon adolescence. Cette œuvre résisterait-elle à la jeune maturité de la vingtaine et au goût plus aiguisé de l’étudiant en littérature? Chose certaine, je la découvris sous un nouvel angle, et sa lecture me passionna encore. J’y décelai une profondeur, une sensibilité et une qualité d’écriture qui me remuèrent tout autant. Cette auteure américaine savait étonnamment bien comment me toucher et rejoindre mon âme et mes intérêts! Vous savez, quand une auteure vous donne l’impression que vous vous reconnaissez dans son univers et ses mots! Et l’intrigante suite Tehanu ne me déçut pas : au contraire, elle donnait encore plus de profondeur au cycle en ouvrant ses perspectives… Une femme pouvait-elle devenir le prochain archimage de Roke?

En 2002, j’entrepris de faire un voyage à Paris avec mon bon ami Yves. Je fêtai mes 35 ans en France. J’avais une idée en tête : je souhaitais retrouver des exemplaires originaux des trois livres rouges qui avaient été si décisifs à 13 ans. Je voulais faire le tour des bouquinistes de la Seine dans ce but avoué et farfelu. Le lendemain de mon anniversaire, je partis donc seul vers les quais qui flanquent la Seine. J’en scrutai les rayons avec espoir, passai presque tout l’après-midi à chercher. J’avais réussi à dégoter un seul des trois tomes. À moitié découragé, j’arrivai au dernier stand : il était tard et je devais rejoindre Yves pour le dîner du soir. La librairie qui y exposait une partie de ses livres — je le sus par la suite —  se spécialisait dans les livres de fantastique et de science-fiction. L’exemplaire du premier tome en main, je demandai au commis s’il avait déjà vu les trois tomes de cette œuvre quelque part. Il m’apprit qu’il ne les avait pas à son stand, mais bien dans sa librairie, qui avait pignon sur rue à un ou deux pâtés de maisons plus loin. Je m’y précipitai et trouvai les trois livres rouges, avec le même médaillon doré à l’effigie de l’épervier, en très bon état. Je dépensai une fortune pour me les procurer, mais j’étais comblé. Une vraie bénédiction du ciel! Le lendemain de mon anniversaire, en plus. Et à Paris! Wow!

De retour au Québec, j’entrepris de lire une autre fois Terremer, mais cette fois-ci dans ces livres identiques à ceux que j’avais trouvés à l’origine sur les rayons mystérieux de mon école. Plaisir au rendez-vous, je vous le garantis. Comble de bonheur, Ursula K. Le Guin publia, un an après, Les Contes de Terremer, un recueil de nouvelles dont les histoires se déroulent dans le même monde et, par la suite, Le vent d’ailleurs, le livre qui allait clôturer le cycle avec brio.

Aujourd’hui, j’ai 41 ans. Une nouvelle décennie s’ouvre à moi. Et Terremer m’appelle encore. Je m’y suis remis il y a quelques semaines. Relirai-je ainsi Terremer à chaque décennie de ma vie? C’est bien parti pour ça. À 13 ans, à 23 ans, à 35 ans, et maintenant à 41 ans. Ce qui me lie à cette œuvre magistrale est probablement magique. Un fil invisible a tissé des liens entre cette auteure et moi, entre son monde et le mien. En relisant derechef ce chef-d’œuvre, j’y puise encore et toujours de nouveaux sens pour ma vie actuelle. Cette histoire m’apparaît inépuisable et me ramène à ce que je suis, à ma source intérieure. Elle pourra m’accompagner à tous les âges de ma vie, j’en suis sûr. Quelle est cette ombre que je dois affronter maintenant et que Ged lui-même a d’abord fui puis pourchassé? Quelle est cette quête essentielle à laquelle je dois me consacrer?

Cette quatrième lecture m’apportera peut-être d’autres réponses. On verra. Et ce ne serait que pour le seul plaisir de replonger dans ces mots et ce monde fascinants, ce serait déjà l’essentiel.

Une jeune journaliste de CNN avait entendu parler d’un très, très vieux Juif qui se rendait deux fois par jour prier au mur des lamentations depuis toujours.

Pensant tenir un sujet, elle se rend sur place et voit un très vieil homme marchant lentement vers le mur.

Après trois quarts d’heure de prière, alors qu’il s’éloigne lentement, appuyé sur sa canne, elle s’approche pour l’interviewer.

«Excusez-moi, monsieur, je suis Rebecca Smith de CNN. Quel est votre nom?

— Morris Fishbien, répondit-il.

— Depuis combien de temps venez-vous prier ici?

— Plus de 50 ans, reprit-il.

— 50 ans! C’est incroyable! Et pourquoi priez-vous?

— Je prie pour la paix entre les chrétiens, les juifs et les musulmans. Je prie pour la fin de toutes les guerres et de la haine. Je prie pour que nos enfants grandissent en sécurité et deviennent des adultes responsables, qui aiment leur prochain.

— Et que ressentez-vous après 50 ans de prières?

— J’ai l’impression de parler à un mur.»

Blague reçue par courriel. Auteur anonyme. Elle m’a bien fait sourire…


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Sauvons la Terre. C’est la seule planète
sur laquelle il y a du chocolat.

Auteur inconnu

(Traduction de : “Save the Earth. It’s the only planet with chocolate.”)

Nouv_AfficheVous avez le goût de vous amuser et de plonger à plusieurs dans des univers palpitants? Vous voulez découvrir des jeux de société, tous plus originaux les uns que les autres? Vous êtes déjà un mordu des jeux de société et vous voulez être au parfum des dernières créations? Vous avez déjà joué à Chinatown et à Zooloretto et vous voulez essayer les nouveautés comme Bombay et Genoa? Ou encore, vous voulez rencontrer d’autres joueurs, les nouveaux venus comme les mordus? Alors, vous n’avez qu’une chose à faire : participer à la 5e édition des Journées ludiques de Québec, qui se tiendront les samedi et dimanche 30 et 31 mai prochains, à Québec, au Club social Victoria, près du parc du même nom.

Pour en savoir plus, visitez le site Web de l’évènement : www.journeesludiques.qc.ca

Moi, j’y serai sans faute, le samedi.  De plus, comme j’ai conçu l’affiche de l’évènement encore cette année, je vous invite à en prendre connaissance (voir le lien plus bas).

Ce serait vraiment plaisant de se retrouver, un petit groupe d’amis, pour jouer ensemble, n’est-ce pas? Et si vous n’avez pas encore oser franchir le pont, il serait grand temps de venir en profiter avec nous! Mettez de côté vos complexes du genre « Je ne suis pas bon », « J’ai peur de perdre » ou « Je n’ai jamais joué. » L’important, c’est de s’amuser. Osez : c’est une aventure des plus plaisantes!

Affiche officielle Journees ludiques 2009 (2,6 Mo)

L’humanité doit à l’astronomie une riche moisson d’images célestes, tout comme elle doit à la biologie le spectacle de la vie microscopique. L’homme d’il y a quelques siècles ignorait tout des galaxies et des microbes. C’est grâce à la technologie que ces réalités sont entrées dans son champ de connaissance.

Hubert Reeves, Poussières d’étoiles

T’entendre

j’aimerais t’entendre
j’aimerais t’entendre
un cri peut-être trop indistinct

pourtant j’ai l’impression que tu rugis
qu’en moi tu t’insurges
comme un long frisson de peur
comme une courbe de sismographe
qu’ébauchent tes entrailles

un cancer te ronge est-ce cela?
comment peux-tu te plaindre de moi?
qu’ai-je fait pour que ta voix ne résonne plus?

j’essaie de t’entendre
parmi une foule de sourds
non, parmi le bruit des agités
ta danse n’émeut peut-être plus

taisons-nous

faisons taire nos corps qui s’entrechoquent
juste un instant
– silence bleu –
pour écouter et bien saisir

j’aimerais vraiment qu’on t’entende
se soucie-t-on de tes humeurs?
mais

ne rien changer

tu es peut-être une terre
tombée en oubli

© Ghislain Bédard, 2009

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