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Terremer

Je lis Terremer pour la quatrième fois.

La première fois, j’avais 13 ou 14 ans, je ne me souviens plus exactement. Je circulais lentement entre les rayons de livres de la bibliothèque de la polyvalente Pamphile-Lemay, à l’affût de nouvelles lectures. Je m’attardais dans la section fantastique quand, soudain, trois beaux livres rouges attirèrent mon attention. Je me souviens encore du médaillon circulaire doré, représentant un épervier, qui figurait sur la couverture de toile. Intrigué, j’ouvris ce livre… et y vis un carte géographique d’une terre mystérieuse. Il n’en fallait pas plus pour que j’emprunte ces trois tomes de Terremer, l’œuvre d’une auteure tout à fait inconnue pour moi alors.

À la lecture, le charme opéra. Je fus fasciné par cette histoire fantastique d’un jeune garçon de l’île de Gont qui découvre son pouvoir exceptionnel, son talent de sorcier, et qui partira pour l’école des mages de Roke. Il deviendra Ged l’épervier, un grand mage respecté, mais après avoir traversé plusieurs épreuves qui lui feront comprendre la grandeur de la vie et comment utiliser ses dons avec sagesse. Et il faut le dire, c’était bien avant Harry Potter : Terremer a été écrit par Ursula K. Le Guin dans les années 1970. Je peux affirmer aujourd’hui que cette auteure a déclenché et nourri en moi le goût d’écrire. Plonger avec avidité dans cette œuvre a fait surgir en moi ce désir : celui d’inventer à mon tour des histoires qui font rêver et réfléchir… Le germe de l’écrivain en moi avait pris vie.

Je relus la deuxième fois Terremer en 1991 (j’avais alors 23 ans et j’étudiais en littérature). Après plusieurs années de silence de l’auteure à propos du monde de Terremer (Ursula K. Le Guin a écrit bien d’autres livres, en particulier de la science fiction, que j’ai dévorés aussi), je découvris avec bonheur qu’elle venait de publier un nouveau livre — Tehanu — qui faisait suite à son cycle fantastique entamé avec Le sorcier de Terremer, le premier tome de la série. Pour l’occasion, les éditions Robert Laffont avait republié les trois premiers tomes en un seul volume et dans un nouveau format, que j’achetai sans hésiter. Avant de découvrir cette suite inattendue, je me décidai donc à relire ce Terremer qui avait tant marqué le début de mon adolescence. Cette œuvre résisterait-elle à la jeune maturité de la vingtaine et au goût plus aiguisé de l’étudiant en littérature? Chose certaine, je la découvris sous un nouvel angle, et sa lecture me passionna encore. J’y décelai une profondeur, une sensibilité et une qualité d’écriture qui me remuèrent tout autant. Cette auteure américaine savait étonnamment bien comment me toucher et rejoindre mon âme et mes intérêts! Vous savez, quand une auteure vous donne l’impression que vous vous reconnaissez dans son univers et ses mots! Et l’intrigante suite Tehanu ne me décut pas : au contraire, elle donnait encore plus de profondeur au cycle en ouvrant ses perspectives… Une femme pouvait-elle devenir le prochain archimage de Roke?

En 2002, j’entrepris de faire un voyage à Paris avec mon bon ami Yves. Je fêtai mes 35 ans en France. J’avais une idée en tête : je souhaitais retrouver des exemplaires originaux des trois livres rouges qui avaient été si décisifs à 13 ans. Je voulais faire le tour des bouquinistes de la Seine dans ce but avoué et farfelu. Le lendemain de mon anniversaire, je partis donc seul vers les quais qui jonchent la Seine. J’en scrutai les rayons avec espoir, passai presque tout l’après-midi à chercher. J’avais réussi à dégoter un seul des trois tomes. À moitié découragé, j’arrivai au dernier stand : il était tard et je devais rejoindre Yves pour le dîner du soir. La librairie qui y exposait une partie de ses livres — je le sus par la suite —  se spécialisait dans les livres de fantastique et de science-fiction. L’exemplaire du premier tome en main, je demandai au commis s’il avait déjà vu les trois tomes de cette œuvre quelque part. Il m’apprit qu’ils ne les avaient pas à son stand, mais bien dans sa librairie, qui avait pignon sur rue à un ou deux pâtés de maison plus loin. Je m’y précipitai et trouvai les trois livres rouges, avec le même médaillon doré à l’effigie de l’épervier, en très bon état. Je dépensai une fortune pour me les procurer, mais j’étais comblé. Une vraie bénédiction du ciel! Le lendemain de mon anniversaire, en plus. Et à Paris! Wow!

De retour au Québec, j’entrepris de lire une autre fois Terremer, mais cette fois-ci dans ces livres identiques à ceux que j’avais trouvés à l’origine sur les rayons mystérieux de mon école. Plaisir au rendez-vous, je vous le garantis. Comble de bonheur, Ursula K. Le Guin publia, un an après, Les Contes de Terremer, un recueil de nouvelles dont les histoires se déroulent dans le même monde et, par la suite, Le vent d’ailleurs, le livre qui allait clôturer le cycle avec brio.

Aujourd’hui, j’ai 41 ans. Une nouvelle décennie s’ouvre à moi. Et Terremer m’appelle encore. Je m’y suis remis il y a quelques semaines. Relirai-je ainsi Terremer à chaque décennie de ma vie? C’est bien parti pour ça. À 13 ans, à 23 ans, à 35 ans, et maintenant à 41 ans. Ce qui me lie à cette œuvre magistrale est probablement magique. Un fil invisible a tissé des liens entre cette auteure et moi, entre son monde et le mien. En relisant derechef ce chef-d’œuvre, j’y puise encore et toujours de nouveaux sens pour ma vie actuelle. Cette histoire m’apparaît inépuisable et me ramène à ce que je suis, à ma source intérieure. Elle pourra m’accompagner à tous les âges de ma vie, j’en suis sûr. Quelle est cette ombre que je dois affronter maintenant et que Ged lui-même a d’abord fui puis pourchassé? Quelle est cette quête essentielle à laquelle je dois me consacrer?

Cette quatrième lecture m’apportera peut-être d’autres réponses. On verra. Et ce ne serait que pour le seul plaisir de replonger dans ces mots et ce monde fascinants, ce serait déjà l’essentiel.

Une jeune journaliste de CNN avait entendu parler d’un très, très vieux Juif qui se rendait deux fois par jour prier au mur des lamentations depuis toujours.

Pensant tenir un sujet, elle se rend sur place et voit un très vieil homme marchant lentement vers le mur.

Après trois quarts d’heure de prière, alors qu’il s’éloigne lentement, appuyé sur sa canne, elle s’approche pour l’interviewer.

«Excusez-moi, monsieur, je suis Rebecca Smith de CNN. Quel est votre nom?

— Morris Fishbien, répondit-il.

— Depuis combien de temps venez-vous prier ici?

— Plus de 50 ans, reprit-il.

— 50 ans! C’est incroyable! Et pourquoi priez-vous?

— Je prie pour la paix entre les chrétiens, les juifs et les musulmans. Je prie pour la fin de toutes les guerres et de la haine. Je prie pour que nos enfants grandissent en sécurité et deviennent des adultes responsables, qui aiment leur prochain.

— Et que ressentez-vous après 50 ans de prières?

— J’ai l’impression de parler à un mur.»

Blague reçue par courriel. Auteur anonyme. Elle m’a bien fait sourire…


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Sauvons la Terre. C’est la seule planète
sur laquelle il y a du chocolat.

Auteur inconnu

(Traduction de : “Save the Earth. It’s the only planet with chocolate.”)

Nouv_AfficheVous avez le goût de vous amuser et de plonger à plusieurs dans des univers palpitants? Vous voulez découvrir des jeux de société, tous plus originaux les uns que les autres? Vous êtes déjà un mordu des jeux de société et vous voulez être au parfum des dernières créations? Vous avez déjà joué à Chinatown et à Zooloretto et vous voulez essayer les nouveautés comme Bombay et Genoa? Ou encore, vous voulez rencontrer d’autres joueurs, les nouveaux venus comme les mordus? Alors, vous n’avez qu’une chose à faire : participer à la 5e édition des Journées ludiques de Québec, qui se tiendront les samedi et dimanche 30 et 31 mai prochains, à Québec, au Club social Victoria, près du parc du même nom.

Pour en savoir plus, visitez le site Web de l’évènement : www.journeesludiques.qc.ca

Moi, j’y serai sans faute, le samedi.  De plus, comme j’ai conçu l’affiche de l’évènement encore cette année, je vous invite à en prendre connaissance (voir le lien plus bas).

Ce serait vraiment plaisant de se retrouver, un petit groupe d’amis, pour jouer ensemble, n’est-ce pas? Et si vous n’avez pas encore oser franchir le pont, il serait grand temps de venir en profiter avec nous! Mettez de côté vos complexes du genre « Je ne suis pas bon », « J’ai peur de perdre » ou « Je n’ai jamais joué. » L’important, c’est de s’amuser. Osez : c’est une aventure des plus plaisantes!

Affiche officielle Journees ludiques 2009 (2,6 Mo)

L’humanité doit à l’astronomie une riche moisson d’images célestes, tout comme elle doit à la biologie le spectacle de la vie microscopique. L’homme d’il y a quelques siècles ignorait tout des galaxies et des microbes. C’est grâce à la technologie que ces réalités sont entrées dans son champ de connaissance.

Hubert Reeves, Poussières d’étoiles

T’entendre

j’aimerais t’entendre
j’aimerais t’entendre
un cri peut-être trop indistinct

pourtant j’ai l’impression que tu rugis
qu’en moi tu t’insurges
comme un long frisson de peur
comme une courbe de sismographe
qu’ébauchent tes entrailles

un cancer te ronge est-ce cela?
comment peux-tu te plaindre de moi?
qu’ai-je fait pour que ta voix ne résonne plus?

j’essaie de t’entendre
parmi une foule de sourds
non, parmi le bruit des agités
ta danse n’émeut peut-être plus

taisons-nous

faisons taire nos corps qui s’entrechoquent
juste un instant
– silence bleu –
pour écouter et bien saisir

j’aimerais vraiment qu’on t’entende
se soucie-t-on de tes humeurs?
mais

ne rien changer

tu es peut-être une terre
tombée en oubli

© Ghislain Bédard, 2009

Saviez-vous que…

1. Parfois nous nous compliquons la vie… On voit souvent des affiches indiquant les heures d’ouverture, d’un commerce par exemple, qui comportent ces abréviations plus complexes les unes que les autres pour indiquer l’heure:

7 hres, 8 hrs a.m., 9:30 hres, 3 H p.m., 19 h 00, 8 h 05 p.m et 21 hrs 15 .

En français, l’abréviation du mot heure est des plus simples: un seul h (sans point). On favorise l’inscription la plus courte (après tout, il s’agit d’une abréviation!). Donc, pour toutes ces heures déjà mentionnées, il faudrait donc écrire respectivement:

7 h, 8 h, 9 h 30, 15 h, 19 h, 20 h 5 (et non 20 h 05) et 21 h 15.

Donc, un seul h entre l’heure et les minutes. C’est tout.

2. Les abréviations a.m. et p.m. proviennent du latin ante meridiem et post meridiem et servent à la notation de l’heure dans le système anglais. Elles sont considérées comme des anglicismes en français. Il vaut donc mieux utiliser la notation de l’heure selon un cycle de 24 heures  – 10 h et 22 h – ou encore écrire 3 h du matin ou de l’après-midi.

3. Le dièse (#) est un signe utilisé en notation musicale seulement, et il ne représente en aucune façon l’abréviation du mot numéro. Dans ce cas, encore une fois, il s’agit d’une abréviation empruntée à l’anglais. Il est donc plus approprié d’utiliser, en français, la notation no, ou n avec un o en exposant. On écrira, par exemple: la case no 3. Dans une adresse, il faut éviter aussi d’utiliser le signe # pour désigner le numéro de l”appartement. On écrira plutôt: 3225, av. Duval, app. 5

Linoléum

quelques lambeaux blancs
s’agitent sur le linoléum
fragments de ciel
dans un espace endormi

j’écoute les débris
répandus
qui s’ébranlent en moi
et les échos de l’antichambre
où je me terre

cent vingt soubresauts
flottent sous les cheveux
comme une île esseulée
à la dérive

des rades aux eaux noires
caressent des navires
toutes voiles tendues
mais qui ne s’envolent pas

et toujours
les panaches lumineux
s’agitent sur les ponts cirés
éclats de jours lointains
perdus au milieu de l’océan
de tuiles caoutchoutées

© Ghislain Bédard, 2009

Je vous livre, sans plus de préambule, quelques pensées qui m’accompagnent sur la route. Laissez-les vous saisir.

Le bonheur, c’est de désirer ce que l’on a.
Saint Augustin

La confiance montre le chemin.
Hildegarde de Bingen

Chaque atome qui m’appartient vous appartient tout aussi bien.
Walt Whitman

Ne suis-je pas en symbiose avec la terre?
Ne suis-je pas moi-même en partie végétal et humus?
Henry David Thoreau

Il faut habiter poétiquement la Terre.
Hölderlin

Je te propose de choisir entre la vie et la mort,
entre la bénédiction et la malédiction.
Choisis donc la vie.
Deutéronome 30, 19

Et un peu d’humour, pour assaisonner le tout :

La langue est responsable de bien des mots.
Anonyme

Si vous ne vous sentez pas bien, faites-vous sentir par un autre.
Francis Blanche

Je ne suis pas toujours de mon avis.
Paul Valéry

Mes oscars à moi

Pour faire un clin d’œil à la soirée des Oscars qui arrive à grands pas, je vous livre ici, par simple plaisir de cinéphile, la liste des 20 titres qui ont marqué mon parcours personnel d’une pierre blanche. Ces films me font encore et toujours vibrer… D’ailleurs, je les ai tous en DVD!

Je ne vous les livre pas, cependant, par ordre de préférence (autrement dit, le numéro 1 de cette liste n’est pas mon numéro 1). D’ailleurs, d’après vous, quel serait mon numéro un?

1. La jeune fille à la perle de Peter Webber

2. La liste de Schindler de Steven Spielberg

3. Contact de Robert Zemeckis

4. Magnolia de P. T. Anderson

5. Dreamgirls de Bill Condon

6. Crash de Paul Haggis

7. Gattaca d’Andrew Nicoll

8. Molière de Laurent Tirard

9. La Matrice des frères Wachowski

10. La vie des autres de Florian Henckel Von Donnersmarck

11. Elizabeth de Shekhar Kapur

12. Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet

13. Souvenirs de Brokeback Mountain d’Ang Lee

14. Sleepy Hollow de Tim Burton

15. Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson

16. Chocolat de Lasse Halström

17. La turbulence des fluides de Manon Briand

18. Loin du paradis de Todd Haynes

19. As good as it gets de James L. Brooks

20. Le Magicien d’Oz de Victor Flemming (qui a bercé mon enfance)

Et parmi les films qui sont en nomination pour la prochaine soirée des Oscars, j’ai pu voir :

1. Milk de Gus Van Sant

2. Doute de John Patrick Shanley

3. Le liseur de Stephen Daldry

4. L’étrange histoire de Benjamin Button de David Fincher (mon préféré dans cette seconde liste)

et j’aimerais bien voir d’ici là…

5. Les noces rebelles de Sam Mendes

6. Le pouilleux millionnaire de Danny Boyle

Voilà donc mon petit tour d’horizon cinématographique improvisé… Et vous, par curiosité, quels films avez-vous vu dans ces listes? Et quels sont les coups de cœur de votre liste à vous? Je serais vivement intéressé à découvrir d’autres chefs-d’oeuvre!

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